Page 3 — Vulnérabilité sociale
Sources et méthode
Analyse de la défavorisation au carreau INSEE 200 m (carroyé Filosofi), sur les carreaux dont le centre est dans le périmètre (53 carreaux, dont 50 significatifs). Chaque carreau est situé par rapport à la moyenne communale de Toulon. Méthode complète : page « 03 - Indicateurs de vulnérabilité sociale ».
Le carreau 200 m (grille INSPIRE fixe) est plus fin que l'IRIS et comparable dans le temps (même identifiant en 2015 et 2021). En tissu urbain dense (ouest toulonnais : Pont du Las, Saint-Roch, Le Temple, Bon Rencontre, Lagoubran…), il porte la donnée Filosofi quasi à sa résolution native.
Carte 1a — Sur-représentation de la monoparentalité (2021)
Taux de ménages monoparentaux au carreau (men_fmp/men) rapporté à la moyenne communale (12,7 % à Toulon). Hiérarchie symétrique ×1,5 / ÷1,5.
| Rang | Définition | Carreaux |
|---|---|---|
| 1 — forte sur-représentation | > 1,5× (> 19,0 %) | 9 |
| 2 — sur-représentation | 1 à 1,5× (12,7–19,0 %) | 23 |
| 3 — sous la moyenne | 0,67 à 1× (8,5–12,7 %) | 17 |
| 4 — nettement sous-représentée | < 0,67× (< 8,5 %) | 1 |
| non significatif | < 11 ménages | 3 |
→ 32 carreaux sur 50 significatifs (64 %) au-dessus de la moyenne communale, dont 9 en forte sur-représentation (rang 1, > 19 %). Le périmètre est nettement plus monoparental que la moyenne toulonnaise, avec un noyau marqué bien plus étendu qu'à Toulon-Est (9 carreaux rang 1 contre 2).

Carte 1b — Dynamique de la monoparentalité (2015 → 2021)
Taux de croissance du nombre de ménages monoparentaux au carreau entre 2015 et 2021 (carroyés Filosofi, même grille). Carreaux < 11 ménages = non significatifs ; sans monoparental en 2015 = « apparition ».
| Évolution 2015 → 2021 | Carreaux |
|---|---|
| Forte hausse (> +50 %) | 10 |
| Hausse (+15 à +50 %) | 10 |
| Stable (±15 %) | 18 |
| Baisse (< −15 %) | 11 |
| Apparition / non significatif | 4 |
→ Le nombre de ménages monoparentaux passe de 1 544 (2015) à 1 621 (2021), soit +4,9 % : une quasi-stabilité, en légère hausse. La forte sur-représentation de 2021 (carte 1a) est donc installée, pas une flambée récente. Géographie interne contrastée : 20 carreaux en hausse (dont 10 forte), 18 stables, 11 en baisse.

Carte 2a — Concentration de la vulnérabilité (monoparentalité × faiblesse des revenus)
Croisement des rangs de monoparentalité avec le niveau de vie au carreau (ind_snv/ind, Filosofi 2021). Seuils communaux : 25 % des carreaux les plus pauvres ≈ 22 400 €/UC ; moyenne communale ≈ 22 800 €/UC ; tiers inférieur ≈ 24 400 €/UC.
| Rang | Définition | Carreaux |
|---|---|---|
| A — vulnérabilité cumulée maximale | monoparentalité rang 1 + 25 % revenus les plus faibles | 8 |
| B — vulnérabilité forte | monoparentalité rang 1-2 + revenu < moyenne, hors A | 21 |
| C — faiblesse des revenus | tiers inférieur des revenus, hors A/B | 22 |
| non concentré | — | 2 |
→ 29 carreaux (A + B, 55 % du périmètre) cumulent sur-représentation de la monoparentalité et revenu inférieur à la moyenne communale, dont 8 en vulnérabilité cumulée maximale (rang A) — soit huit fois plus qu'à Toulon-Est. La quasi-totalité du périmètre (51/53) relève d'au moins un des trois rangs de fragilité.

Carte 3a — Sur-représentation de l'isolement résidentiel (2021)
Taux de ménages d'une personne au carreau (men_1ind/men) rapporté à la moyenne communale (45,8 % à Toulon — déjà très élevé). Hiérarchie resserrée ×1,2 / ÷1,2 : sur une variable proche de 50 %, le moule ×1,5 de la monoparentalité ne discriminait pas.
| Rang | Définition | Carreaux |
|---|---|---|
| 1 — forte sur-représentation | > 1,2× (> 55,0 %) | 10 |
| 2 — sur-représentation | 1 à 1,2× (45,8–55,0 %) | 16 |
| 3 — sous la moyenne | 0,83 à 1× (38,2–45,8 %) | 13 |
| 4 — nettement sous-représentée | < 0,83× (< 38,2 %) | 11 |
| non significatif | < 11 ménages | 3 |
→ 26 carreaux sur 50 significatifs (52 %) au niveau ou au-dessus de la moyenne toulonnaise, dont 10 en forte sur-représentation (rang 1, > 55 %). L'isolement résidentiel est élevé sur l'ensemble du périmètre — Toulon est déjà une commune très isolée — avec des poches particulièrement aiguës. Le resserrage à ×1,2 révèle ces nuances internes qu'un moule ×1,5 aurait masquées.

Carte 3b — Faiblesse des revenus / niveau de vie (2021)
Niveau de vie au carreau (ind_snv/ind, Filosofi 2021 seul — les valeurs revenus 2021 sont les seules pertinentes, la comparaison avec 2015 étant déconseillée par l'INSEE). Rapporté à la moyenne communale (22 800 €/UC), bas revenu = rang fort (vulnérabilité). Hiérarchie ×1,2 / ÷1,2, harmonisée avec 3a.
| Rang | Définition | Carreaux |
|---|---|---|
| 1 — bas revenus | < 0,83× (< 19 000 €/UC) | 27 |
| 2 — sous la moyenne | 0,83 à 1× (19 000–22 800 €/UC) | 19 |
| 3 — au-dessus de la moyenne | 1 à 1,2× (22 800–27 400 €/UC) | 4 |
| 4 — revenus élevés | > 1,2× (> 27 400 €/UC) | 0 |
| non significatif | < 11 ménages / revenu non diffusé | 3 |
→ 46 carreaux sur 50 significatifs (92 %) sous la moyenne communale de niveau de vie, dont 27 à bas revenus (rang 1, < 19 000 €/UC) et aucun carreau au niveau de vie élevé. C'est la différence majeure avec Toulon-Est (5 carreaux bas revenus seulement) : le secteur Pont du Las est un quartier nettement plus modeste, où la faiblesse des revenus est la règle, pas l'exception. Elle recoupe largement la monoparentalité (carte 2a) et l'isolement (carte 3a) : la même géographie de fragilité.

Synthèse
Le secteur Pont du Las présente une défavorisation sociale marquée, concentrée et installée, convergente sur les quatre indicateurs au carreau 200 m, et globalement plus prononcée qu'à Toulon-Est — surtout sur le revenu :
- Faiblesse des revenus (3b) : 92 % des carreaux sous la moyenne communale de niveau de vie, dont 27 à bas revenus et aucun carreau aisé — marqueur dominant du quartier.
- Monoparentalité (1a) : près des deux tiers des carreaux au-dessus de la moyenne toulonnaise, niveau stable depuis 2015 (1b, +4,9 %) — une fragilité installée, avec un noyau rang 1 étendu (9 carreaux).
- Isolement résidentiel (3a) : 52 % des carreaux au niveau ou au-dessus d'une moyenne communale déjà très haute (45,8 %), avec 10 poches en forte sur-représentation.
- Concentration (2a) : 55 % des carreaux cumulent monoparentalité et revenus faibles, dont 8 en vulnérabilité cumulée maximale (rang A).
Ces fragilités se recoupent spatialement : le même tissu est concerné par la monoparentalité, l'isolement et les bas revenus. Cette géographie de la fragilité, plus accentuée qu'à Toulon-Est, constitue un facteur de contexte déterminant pour le continuum de sécurité (CPTED).
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